Depuis 1983, l’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués et Métiers d’Art de Paris, Olivier de Serres, propose une formation en architecture d’intérieur. Le point sur cette filière avec la directrice de l’établissement, Marie-José Mascioni.

Comment est née cette formation ?
La naissance de toutes nos formations, issues des Beaux-arts appliqués à l’industrie, remonte à la fin du XIXe siècle. Le cours supérieur d’esthétique industrielle a ouvert en 1958 grâce à Jacques Viénot, designer et fondateur de l’Institut d’esthétique industrielle. La filière design d’espace a été rénovée en 2002 à partir de la formation initiale d’architecte d’intérieur et de plasticien de l’environnement. Sa nouvelle appellation répond à une volonté d’ouverture du domaine à l’international et englobe désormais un univers plus large qui touche à l’environnement, l’espace urbain ou l’événementiel.

Comment se déroule la sélection des futurs étudiants ?
Post-bac, les candidats sont reçus sur dossier scolaire, suivi d’un entretien. Nous accordons beaucoup d’importance à leur lettre de motivation, leur enthousiasme, leur passion, qu’ils doivent nous communiquer. Nous recherchons des personnalités singulières. Tous les élèves sont admis dans une classe de mise à niveau (MAN), dite aussi classe préparatoire, sauf, avec notre accord, ceux qui ont passé un bac STI Arts appliqués. Face au chômage, le nombre des admis est volontairement restreint : quatre mille six cents demandes, cent vingt places en MAN dont quarante-cinq en BTS Design d’espace puis vingt en DSAA (diplôme supérieur d’arts appliqués, en deux ans), une formation ouverte aussi aux étudiants venus d’ailleurs.

Quels diplômes pour ces formations ?
Après la première année, les élèves préparent en deux ans un BTS (brevet de technicien supérieur) Design d’espace. Ils peuvent ensuite accéder à un DSAA Créateur-concepteur axe architecture intérieure et environnement, l’une des trois options, avec celle du design produit ou de communication visuelle et audiovisuelle. En seconde année de DSSA, chaque étudiant s’engage dans un projet, choisit un thème de création, rédige un mémoire de cent pages, synthèse de ses recherches. Nous développons également des partenariats à l’étranger, en Chine, aux États-Unis et au Canada. En tant que directrice de l’ENSAAMA, un poste que j’occupe depuis sept ans, je me suis attachée à faire vivre et évoluer le contenu des formations. Je lutte actuellement pour faire accepter par le ministère de l’Éducation nationale le niveau de Master (bac +5) pour le DSAA, un combat actuel pour un diplôme de l’excellence. Le BTS devrait obtenir le niveau Bachelor (bac +3).

Quelle est la spécificité de l’ENSAAMA par rapport à d’autres écoles ?
Nous offrons une transversalité d’une formation à l’autre qui se retrouve dans une volonté de travail d’équipe et de mise en relation des savoir-faire et des compétences avec une interaction entre les options et les secteurs. Les professionnels qui nous sollicitent apprécient ce croisement, véritable source d’enrichissement pour nos étudiants et valeur ajoutée à toutes nos formations. Les étudiants peuvent alors intégrer aussi bien des agences de design d’environnement ou d’architecture d’intérieur que des structures plus complexes comme des agences d’urbanisme, de paysage, des administrations, des collectivités territoriales ou des établissements publics œuvrant sur des problèmes d’aménagement.

Projets en extension

Projet DSAA, 2ème année, diplôme de fin d’année de Marion Julien, travail développé sur une année d’étude, 2010, réhabilitation du Hangar Y à Meudon pour accueillir un nouveau musée de l’aéronautique de 4 000 m2. En haut, nef avec ballon dirigeable, en bas, vue de la nef depuis la passerelle.

Projet d’atelier TS2 Design d’Espace, Florian Mader, 2009/10 : Eco-Habitat dans les Landes-Habiter le paysage. Habitat de loisir dans un village de vacances à Mimizan, de 90 m2 pour accueillir 6 à 8 personnes construit « hors-sol » qui s’inscrit dans une démarche de développement durable. Construction bois, utilisation des murs en terre crue ou « murs pisés » pour assurer une grande inertie thermique à l’habitation, toiture végétalisée…Toutes les chambres bénéficient d’une vue sur l’est, la forêt et le soleil levant par des jeux de cadrages avec ouvertures dans la toiture.